CPF : comment expliquer la baisse des dossiers financés ?

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Est-ce la fin du CPF ?

Destiné à remplacer le DIF (droit individuel à la formation), le CPF (compte personnel de formation) permet à toute personne active d’acquérir des droits à la formation. Ces derniers sont obtenus dès l’entrée sur le marché du travail et peuvent être utilisés tout au long du parcours professionnel, y compris pendant les périodes de chômage, jusqu’à la retraite. Crédité en euros depuis le 1er janvier 2019, le CPF concerne un large public : les salariés à temps plein ou partiel, les travailleurs indépendants, les personnes à la recherche d’un emploi, celles travaillant dans un ESAT. Incessibles, ces droits servent à financer des formations, à condition qu’elles y soient éligibles. Et si au cours des 3 années précédentes, le CPF a connu un bel essor avec plus de 2,3 millions de dossiers financés en 2021, ce n’est plus le cas aujourd’hui, fin 2022. Et d’après les prévisions, le nombre de dossiers devrait stagner ou diminuer au cours des prochains mois. Alors comment expliquer cette situation ? Et doit-on craindre pour l’avenir de ce dispositif ? Voici quelques éléments de réponse. 

Une stabilisation des formations financées par ce dispositif

Le CPF est en vigueur depuis le 1er janvier 2015 et a été réformé par la loi du 5 septembre 2018. Et après une croissance normale, il a connu un essor fulgurant avec la pandémie de Covid-19. Ainsi, en 2021, la demande a été très forte de la part des bénéficiaires de ce dispositif avec plus de 2,3 millions de dossiers financés. Mais il semble que l’engouement pour le CPF ralentisse depuis quelques mois puisque la Caisse des dépôts et consignations (CDC) note une stagnation du nombre de dossiers pour des demandes de financement, qui atteint 1,2 million pour le 1er semestre 2022. Soit un chiffre similaire à celui du 1er semestre 2021. De même, la CDC a remarqué que la durée moyenne des formations était en baisse : 71 heures en 2022 contre 86 heures en 2021 et 92 heures en 2020. 

Les raisons pouvant expliquer cette baisse d’intérêt pour le CPF

La croissance du compte personnel de formation entre 2019 et 2022 s’explique principalement par le contexte sanitaire lié au Covid-19. A cette période, de nombreux travailleurs étaient en activité partielle et avaient donc davantage de temps libre. Beaucoup de salariés ont également profité de la mise en place du télétravail pour se former à distance, d’autant qu’en raison des mesures sanitaires, il a longtemps été impossible d’organiser des formations en présentiel. De même, le Covid-19 a eu un effet accélérateur sur les reconversions professionnelles, les volontés de changer de métier.

Mais aujourd’hui, la situation a évolué. Les salariés ont retrouvé un rythme de travail habituel, et ceux qui voulaient se reconvertir l’ont déjà fait ou le font actuellement. Une situation qui se traduit par une baisse de la demande de formation via le CPF. 

Une autre raison peut être évoquée pour justifier cet état des lieux : les arnaques. Ces derniers mois, elles ont été nombreuses, ont fait la une des médias… et ont nui à l’image du CPF. Il faut dire qu’entre le harcèlement téléphonique, la facturation de fausses formations, les mails de piratage et la publicité mensongère, ce dispositif n’a pas été épargné. Et ces arnaques ont peu à peu entraîné la méfiance des bénéficiaires. 

A noter aussi la baisse de l’offre disponible, puisqu’au 31 décembre 2021, diverses certifications sont arrivées à échéance. Et comme il est plus difficile d’obtenir une certification professionnelle, les thématiques éligibles au CPF ont bien diminué. Viennent s’y ajouter des difficultés de financement, mais qui pourraient être réglées par la mise en place d’un cofinancement qui viendrait redynamiser ce dispositif. Affaire à suivre donc…  

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