Le DUERP est obligatoire dans tous les secteurs dès le premier salarié, y compris dans les TPE. Sa structure varie selon l’activité, mais repose toujours sur les mêmes étapes réglementaires. Ces trois exemples concrets, BTP, tertiaire et industrie, permettent aux employeurs de comprendre comment organiser leur évaluation des risques sans partir de zéro.
Ce qu’il faut retenir
- Le DUERP est obligatoire dès le 1er salarié, quel que soit le secteur d’activité (art. L4121-3 du Code du travail)
- Il doit être structuré par unités de travail : chantier, atelier, poste de bureau, quai logistique, etc.
- Chaque risque identifié doit être évalué selon sa probabilité et sa gravité, puis associé à une action de prévention concrète
- Le DUERP doit être mis à jour au minimum une fois par an, après tout accident du travail, et à chaque modification des conditions de travail (art. R4121-2 du Code du travail)
Rédiger un DUERP pour la première fois peut sembler complexe, notamment quand on ignore par où commencer. Pourtant, la loi est claire : tout employeur d’au moins un salarié est tenu d’évaluer les risques professionnels et de les consigner dans un document unique, conformément à l’article L4121-3 du Code du travail. Ce qui change d’un secteur à l’autre, c’est la nature des risques, les unités de travail concernées et les mesures de prévention à mettre en place. Voici trois exemples concrets pour comprendre comment structurer un DUERP selon votre activité.
Exemple 1 : le DUERP d’une entreprise du BTP (5 salariés)
Le secteur du bâtiment et des travaux publics concentre certains des risques professionnels les plus élevés en France. Un artisan ou une petite entreprise du BTP doit impérativement identifier les dangers liés aux chantiers, aux équipements et aux conditions de travail extérieures.
Les unités de travail à identifier
Dans une entreprise de maçonnerie ou de couverture de cinq salariés, les unités de travail se déclinent généralement ainsi :
- Chantier extérieur (travaux en hauteur, manipulation de charges lourdes)
- Atelier ou dépôt (stockage de matériaux, utilisation de machines)
- Conduite de véhicule utilitaire (trajets domicile-chantier, chargement)
Les risques à évaluer
Pour chaque unité de travail, l’employeur recense les risques en tenant compte de leur probabilité et de leur gravité. Dans le BTP, les risques prioritaires comprennent :
- Chutes de hauteur (toiture, échafaudage, escabeau)
- Manutention manuelle et troubles musculo-squelettiques (TMS)
- Exposition aux poussières de silice (béton, parpaing)
- Risques électriques sur chantier
- Risques liés aux engins (collision, renversement)
L’article R4121-1 du Code du travail impose que cette évaluation soit transcrite et mise à jour au moins chaque année, ou à chaque modification significative des conditions de travail.
Les actions de prévention associées
Le DUERP ne se limite pas à lister les risques : il doit déboucher sur un programme d’actions. Pour ce type d’entreprise, cela peut inclure la formation au travail en hauteur (obligation issue de l’article R4323-58 du Code du travail), la fourniture d’EPI adaptés, ou encore la mise en place de procédures de levage.
Pour aller plus loin sur les actions correctives à planifier, consultez notre article PAPRIPACT : comment planifier les actions de prévention.
Exemple 2 : le DUERP d’une agence tertiaire (10 salariés)
Les entreprises du secteur tertiaire, cabinets de conseil, agences de communication, offices de gestion, sous-estiment souvent leurs risques professionnels. Pourtant, l’obligation s’applique à tous les secteurs sans exception.
Les unités de travail à identifier
Pour une agence de dix personnes travaillant majoritairement en bureau, les unités de travail peuvent être :
- Postes de travail sur écran (sédentarité, troubles visuels, TMS)
- Espace de réunion et accueil de clients
- Déplacements professionnels (voiture, transports en commun)
Les risques à évaluer
Dans un environnement de bureau, les risques sont moins visibles mais bien réels :
- Risques psychosociaux (RPS) : surcharge de travail, conflits, pression des délais
- Troubles musculo-squelettiques liés au travail sur écran prolongé
- Risques liés à l’aménagement des locaux (éclairage insuffisant, câbles au sol, issues de secours mal dégagées)
- Risque routier pour les salariés en déplacement
Les RPS font l’objet d’une attention réglementaire croissante. L’employeur a l’obligation d’évaluer ces risques au même titre que les risques physiques, en application de l’article L4121-1 du Code du travail qui impose de protéger la santé mentale autant que physique.
Les actions de prévention associées
Pour ce type de structure, les actions de prévention peuvent inclure l’aménagement ergonomique des postes de travail, la mise en place d’entretiens réguliers sur la charge de travail, ou encore une formation aux gestes et postures pour les salariés sédentaires.
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Obtenir mon diagnostic gratuitExemple 3 : le DUERP d’une PME industrielle (30 salariés)
Une PME industrielle, qu’elle soit dans l’agroalimentaire, la métallurgie ou la plasturgie, présente un profil de risques plus varié et souvent plus complexe à documenter. La pluralité des postes et des zones de production rend la définition des unités de travail particulièrement importante.
Les unités de travail à identifier
Dans une usine de production de taille intermédiaire, les unités de travail typiques sont :
- Ligne de production (machines, convoyeurs, postes répétitifs)
- Zone de maintenance (travaux électriques, interventions sur machines en arrêt)
- Quai de chargement et logistique (chariots élévateurs, manutention)
- Bureaux administratifs attenants à l’atelier
Les risques à évaluer
Le secteur industriel cumule des risques mécaniques, chimiques, physiques et organisationnels :
- Risques machines (coincement, écrasement, projection)
- Exposition aux produits chimiques (solvants, huiles, poussières)
- Bruit et vibrations
- Risques liés à la circulation interne (chariots élévateurs, piétons)
- Risques électriques lors des opérations de maintenance
L’INRS recommande d’utiliser une grille de cotation combinant la fréquence d’exposition, la probabilité d’occurrence et la gravité potentielle pour hiérarchiser les risques de manière rigoureuse.
Les actions de prévention associées
Dans ce contexte, le DUERP doit être directement connecté à un plan de prévention formalisé. Les actions prioritaires incluent généralement la formation à la conduite d’engins (CACES), la mise à jour des fiches de données de sécurité (FDS) pour les produits chimiques, et l’organisation de vérifications périodiques des équipements de travail, conformément aux articles R4323-1 et suivants du Code du travail.
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Ce que ces trois exemples ont en commun
Quels que soient le secteur et la taille de l’entreprise, un DUERP efficace repose sur quatre étapes identiques, conformément aux exigences de l’article R4121-1 du Code du travail :
- Définir les unités de travail (par poste, zone ou nature d’activité)
- Identifier tous les risques pour chaque unité
- Les évaluer selon leur probabilité et leur gravité
- Planifier des mesures de prévention concrètes et datées
Un DUERP n’est pas un document figé. Il doit être mis à jour au moins une fois par an, après tout accident du travail, et lors de toute transformation significative de l’organisation ou des équipements (article R4121-2 du Code du travail).
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Obtenir mon diagnostic gratuitPour aller plus loin
- DUERP : définition, obligations légales, modèle et mise en place (guide complet)
- DUERP : quelles sont vos obligations légales en tant qu’employeur ?
- Modèle de DUERP gratuit : comment l’utiliser sans se tromper ?
- PAPRIPACT : définition, obligations et mise en place (guide complet)
Questions fréquentes
Non, aucun modèle n’est imposé par la réglementation. L’article R4121-1 du Code du travail précise uniquement que le DUERP doit transcrire les résultats de l’évaluation des risques en un document unique, mais laisse l’employeur libre du format utilisé.
Non. Même dans un même secteur d’activité, les risques varient selon la taille de l’entreprise, son organisation interne, ses équipements et la configuration de ses locaux. Le DUERP doit refléter la réalité spécifique de chaque établissement.
L’employeur peut s’appuyer sur le médecin du travail, un préventeur externe, ou un organisme de formation spécialisé. Le recours à un expert n’exonère pas l’employeur de sa responsabilité : c’est lui qui reste signataire du document.
Au minimum une fois par an, mais aussi après chaque accident du travail, chaque nouveau chantier présentant des risques spécifiques, ou toute modification des méthodes de travail (article R4121-2 du Code du travail).
Le DUERP de l’entreprise recense les risques liés à ses activités habituelles. Pour les chantiers présentant des risques particuliers impliquant plusieurs entreprises, un Plan de Prévention ou un PPSPS (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé) peut s’y substituer ou s’y ajouter.
Sources :
- Article L4121-1 du Code du travail (obligation générale de sécurité de l’employeur) : Légifrance
- Article L4121-3 du Code du travail (obligation d’évaluation des risques) : Légifrance
- Article R4121-1 du Code du travail (transcription dans le document unique) : Légifrance
- Article R4121-2 du Code du travail (mise à jour du DUERP) : Légifrance
- Article R4323-58 du Code du travail (formation travail en hauteur) : Légifrance
- Articles R4323-1 et suivants du Code du travail (vérification des équipements) : Légifrance
- INRS, “Évaluation des risques professionnels, aide au repérage” : inrs.fr
- Service-public.fr, fiche “Document unique d’évaluation des risques” : service-public.fr


