Un nouvel arrivant est parmi les plus exposés, parce qu’il ne connaît pas encore les risques. Voici ce que l’employeur lui doit dès ses premiers jours, dans l’ordre.
Ce qu’il faut retenir
- Aucune mise au travail sans formation sécurité au poste (art. L4141-2)
- Visite d’information et de prévention dans les 3 mois (art. R4624-10)
- Formation renforcée pour les intérimaires et CDD sur postes à risque (L4154-2)
Le premier jour, un nouveau ne sait rien. Ni où sont les issues, ni quelle machine mord, ni qui appeler si ça tourne mal. Il fait confiance, et c’est précisément ce qui le rend vulnérable. Les études de l’INRS le rappellent chaque année, les nouveaux arrivants et les intérimaires comptent parmi les plus touchés par les accidents graves. Accueillir en sécurité n’a rien d’une formalité. C’est ce qui décide s’il rentre chez lui entier le soir. Voici ce que vous lui devez, dans l’ordre, de son arrivée à ses premières semaines.
Avant même son premier jour
Pour certains postes, tout se joue avant l’arrivée. Si le poste présente des risques particuliers, le salarié relève d’un suivi renforcé, et un examen médical d’aptitude doit avoir lieu avant qu’il ne commence. Le reste se prépare aussi en amont. Rien de tout cela ne demande beaucoup de temps, mais tout doit être prêt avant qu’il ne pousse la porte.
- Les EPI adaptés au poste, disponibles et à la bonne taille dès l’arrivée.
- Les consignes de sécurité de l’établissement et du poste, prêtes à transmettre.
- Un temps de formation réservé dans le planning, pas grignoté par le rush du démarrage.
- Le nom de la personne qui l’accueillera et le formera, pas un badge posé sur un bureau vide.
Le premier jour, avant de le mettre au travail
Un salarié ne peut pas commencer à travailler sans avoir reçu la formation à la sécurité de son poste (art. L4141-2). C’est une obligation ferme, pas une simple bonne pratique. Inutile d’en faire un cours magistral. Une démonstration au poste, en conditions réelles, marque bien plus qu’un long diaporama. Cette formation couvre la circulation dans les locaux, les gestes du poste et la conduite à tenir en cas d’accident ou d’incendie (art. R4141-2 et suivants).
Avant de lâcher votre recrue dans l’atelier ou au bureau, prenez le temps de lui montrer :
- par où circuler, et quelles zones éviter ;
- comment utiliser son poste et ses protections ;
- quoi faire, et qui prévenir, en cas d’accident ou d’alerte.
Ces trente minutes-là pèsent plus lourd que n’importe quel livret d’accueil. Elles transforment un texte affiché en réflexes réels, ceux qui serviront vraiment le jour où quelque chose ira de travers dans l’atelier. Et sans un mot, elles disent beaucoup. Ici, on veille les uns sur les autres, et un nouveau qui le sent s’intègre plus vite.
Reste à tenir ce passage à chaque arrivée, même quand personne n’est disponible pour le faire vivre. Certaines entreprises s’appuient pour cela sur des modules e-learning taillés sur leurs propres risques. C’est ce que nous proposons avec Préventhèque, des modules créés et intégrés à votre prévention, propres à votre entreprise, pour que chaque nouveau reçoive le même socle sans dépendre d’un planning. À vous de voir comment simplifier le vôtre.
Les premières semaines
Passé le premier jour, deux rendez-vous restent à honorer. D’abord, le salarié doit passer une visite d’information et de prévention. Elle intervient dans les trois mois qui suivent sa prise de poste (art. R4624-10). Ensuite, s’il est en CDD ou en intérim sur un poste à risque, il a droit à une formation renforcée à la sécurité (art. L4154-2).
Ce point mérite votre attention, car la loi présume la faute inexcusable de l’employeur si l’un de ces salariés se blesse sans l’avoir reçue (art. L4154-3). Au-delà du risque juridique, c’est souvent sur les contrats courts que l’accueil se relâche, alors que ce sont eux qui en auraient le plus besoin. Les semaines qui suivent servent justement à vérifier que les bons réflexes sont là.
- Assurez-vous que les consignes sont acquises, pas seulement énoncées le premier jour.
- Prévoyez un point rapide après quelques jours, pour lever les questions qu’il n’ose pas poser.
- Complétez la formation dès qu’une nouvelle tâche ou une nouvelle machine arrive.
- Gardez la trace des formations suivies, le passeport de prévention est fait pour ça.
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Faire le point avec un expertAccueillir, c’est déjà protéger
On n’a jamais de seconde chance pour bien accueillir. Les premiers jours donnent le ton et disent au nouveau si la sécurité compte pour de vrai ici, ou si elle se résume à une affiche dans le couloir. Vous n’avez pas besoin d’un parcours parfait, seulement d’un parcours tenu à chaque arrivée, même quand tout va vite. Le nouveau, lui, s’en souvient. On n’oublie pas l’entreprise qui a pris le temps de s’assurer qu’on rentrerait bien. C’est la façon la plus sûre de souhaiter la bienvenue, et la meilleure assurance pour tout le monde.
Pour aller plus loin
- Que faire dans les 48 heures après un accident du travail
- Les 5 signes d’un plan de formation qui n’est pas conforme
- Notre guide complet du document unique (DUERP)
Questions fréquentes
Oui, et même une formation renforcée s’il occupe un poste à risque (art. L4154-2). C’est justement sur ces contrats courts que la vigilance doit être la plus grande, car ces salariés sont statistiquement plus exposés aux accidents.
Oui pour un poste ordinaire, la visite d’information et de prévention pouvant intervenir dans les trois mois. Mais sur un poste à risque, l’examen médical d’aptitude doit avoir lieu avant la prise de poste.
Oui. Le Code du travail impose une formation pratique à la sécurité dès l’embauche (art. L4141-2). Un salarié ne devrait jamais être mis au travail sans avoir reçu, au minimum, les consignes de son poste.
Sources
- Code du travail, information et formation à la sécurité, art. L4141-1, L4141-2 et R4141-2 – code.travail.gouv.fr
- Visite d’information et de prévention, art. R4624-10 – code.travail.gouv.fr
- Formation renforcée des salariés précaires, art. L4154-2 – code.travail.gouv.fr


